Merck Schering PloughHEROUVILLE-SAINT-CLAIR, 10 janvier 2012 (AFP) > Agrandir l'image

Des salariés du numéro deux mondial de la pharmacie, Merck, ont bloqué mardi matin le site d'Hérouville-Saint-Clair, près de Caen, alors que le groupe américain risque de supprimer encore plusieurs centaines d'emplois en France, selon la CFDT.

Selon la police, une cinquantaine de salariés de l'usine Schering-Plough d'Eragny-sur-Epte (Oise) ont tenté d'empêcher mardi matin les entrées et les sorties de camions du site d'Hérouville-Saint-Clair, dans l'agglomération de Caen. Les salariés d'Hérouville les ont ensuite rejoints, selon la CFDT.

Selon ce syndicat, le site d'Eragny-sur-Epte (Oise), qui emploie 230 personnes, est menacé de fermeture après le désistement récent d'une entreprise qui devait racheter l'usine à Merck.

La direction a en outre annoncé la suppression prochaine de 107 postes sur 425 à Hérouville et ne veut pas s'engager sur la pérennité du site, selon la mairie et les syndicats.

Le blocage était organisé à l'initiative de la CGT

"Les salariés sont en train de payer très cher le rachat (en 2009) de Schering-Plough par Merck avec la suppression de près de 1.000 emplois", en France, a déclaré à l'AFP Gérard Sabbagh, secrétaire général de la fédération Chimie de la CFDT pour la Basse-Normandie.

La direction de l'usine à Hérouville n'a pas souhaité faire de commentaire.

En juin 2010, la filiale française du groupe pharmaceutique américain Merck avait indiqué que sa fusion avec Schering-Plough pourrait entraîner la suppression d'environ 800 postes sur un effectif total de 4.000 personnes en France. Selon la CFDT, Schering en représentait alors un peu moins de la moitié.

"Hérouville est le dernier site Schering en France. On craint que Merck ne soit en train de progressivement fermer tous les sites de production Schering après avoir acquis les brevets", a indiqué à l'AFP Manuel Lecoutey, élu CFDT de Schering à Hérouville.

La semaine dernière, le maire Modem d'Hérouville, Rodolphe Thomas, avait indiqué dans un communiqué avoir écrit au ministre de l'Industrie Eric Besson pour lui faire part de son inquiétude.

"Le groupe Merck investit aujourd'hui en Irlande ou en Indonésie au détriment de la France. Force est de constater que la réforme de la taxe professionnelle n'a pas apporté les effets escomptés et qu'une partie de notre production poursuit sa délocalisation", estimait l'ancien député.

Fin octobre, Merck avait annoncé un triplement de son bénéfice net au troisième trimestre 2011, à 1,7 md USD. Au 30 septembre, le laboratoire employait 90.000 personnes dans le monde.

 

SOCIAL-PHARMACIE-MÉDICAMENT - 10/01/2012 17h25 - AFP