Logement socialL’Etat se désengage de plus en plus de sa mission de sauvegarde du logement, et entraine désormais dans sa chute « Action Logement » (ancien 1% logement) en pillant ses ressources.

Rappelons qu’« Action Logement » est l’appellation désignant la participation des employeurs dans l’effort de construction de logement, gérée paritairement par les salariés et les employeurs.

En effet, les subventions de l'Etat ne cessent de se réduire puisqu'elles sont passées de 785 millions d'euros en 2008 à 630 millions d'euros en 2010 pour atteindre péniblement 500 millions en 2011 puis 400 millions en 2013.

Dans cette logique de rigueur, l’Etat cherche à financer ses dépenses publiques en ponctionnant des fonds sur le 1% logement, contre la constitution, et au détriment de la survie même du système.

N’est-ce pas un paradoxe de voir l’Etat piller « Action Logement » pour financer ses propres dépenses publiques ?

Cette politique a des conséquences directes, ce sont près de 400 logements sociaux en moins dès l’année prochaine en Normandie, 35000 à l’échelle nationale, et une faillite du système annoncée à l’horizon 2014.

Aujourd'hui, le Secrétaire d'Etat, Monsieur APPARU, souhaite de nouveau prélever 3.4 milliards d’euros sur les fonds d’ « Action Logement ».
Ce nouveau prélèvement nuira gravement à la capacité des membres d’ « Action logement » à financer la construction de logements neufs, l’accession à la propriété, l’aide à la location ou encore la mobilité professionnelle.

Ce seront les familles les plus démunies et surtout celles des travailleurs pauvres, déjà en difficultés d’insertion, qui subiront de plein fouet cette politique irresponsable.

Comment l’Etat peut-il défendre une politique d’insertion professionnelle en condamnant les fonds alloués à la garantie de logements des travailleurs et à la mobilité professionnelle ?

Entre 2009 et 2011, l’Etat avait déjà ponctionné 3.68 Milliards d’Euros à « Action Logement » afin de subventionner les nouvelles actions de l’ANRU et de l’ANAH. Cette politique des vases communicants n’est autre qu’un bricolage masquant la sombre réalité de la politique du logement mise en œuvre.
Il est aujourd’hui bien malheureusement nécessaire de rappeler "l'engagement national pour le logement", un pacte national républicain qui visait à offrir à tous les moyens et la possibilité de se loger en fonction de son revenu et de répondre aux difficultés qu'éprouvent les familles à revenu modeste pour se loger.

Une crise globale du logement, c’est ce à quoi s’engage le gouvernement en se désengageant toujours plus de sa mission de défense de l’habitat, pourtant cause nationale depuis la déclaration universelle de 1948. Plus que cela, c’est vers une déroute totale du système de logement que l’Etat nous achemine, en fragilisant les partenaires privés et associatifs.

 

Rodolphe Thomas
Maire d’Hérouville Saint-Clair
Conseiller général du Calvados
Membre du shadow cabinet du Modem en charge de la politique de la ville
de la Rénovation urbaine et du Logement