Rodolphe ThomasRodolphe Thomas, maire (MoDem) d'Hérouville-Saint-Clair, aimerait créer un éco-quartier au-delà du viaduc de Calix. Mais de ce côté-là, l'agglo préfère réserver les terrains pour l'activité portuaire.


Entretien

Vous projetez de construire un éco-quartier sur une friche de la SMN. Pouvez-vous nous en parler ?

Ces 60 hectares le long du canal, côté Colombelles, à l'ouest du rond-point Renault Trucks, sont inutilisés depuis que la SMN a fermé. Nous projetons d'y construire un éco-quartier dont la première phase, sur 34 hectares, prévoit la création de 1 530 logements environ et 9 000 m2 d'activités.

La deuxième phase dépendra de la délocalisation d'activités existantes mais permettrait d'ajouter, sur 44 hectares, 1 600 logements supplémentaires. Le tout serait bâti autour d'une marina. L'architecture tiendrait compte de la présence du canal.

Pourquoi ici ?

Le Schéma de cohérence territoriale (Scot) de Caen-Métropole, qui doit être finalisé d'ici la fin de l'année, et le Programme local d'habitat (PLH) de Caen-la-Mer demandent aux villes de densifier leur urbanisation, de créer du logement en priorité sur les friches et les « dents creuses » pour répondre aux besoins des habitants sans grignoter les terres agricoles. Et d'intégrer la notion de construction « durable ». Toutes ces conditions se retrouvent dans notre projet d'éco-quartier.

Projet d'écoquartier Caen HérouvilleOù est-ce que le bât blesse ?

Caen-Métropole et l'agglo ne voient pas, aujourd'hui, l'utilité d'urbaniser cette zone. J'ai présenté ce projet en juillet à Caen-Métropole et je ne pense pas avoir été complètement entendu. Caen-la-Mer, propriétaire de la majorité des terrains, part du principe que cet espace dans la Presqu'île doit servir de réserve foncière pour développer, plus tard, l'activité industrialo-portuaire. Mais on ne sait pas ce qu'il adviendra de cette activité : le trafic portuaire a chuté de 60 % en dix ans, sur le port-amont. Pour une fois, on a des terrains qui ne coûtent rien sur lesquels on peut faire plein de choses. C'est une opportunité à saisir !

Cette orientation semble vous agacer...

Manifestement, le projet hérouvillais ne doit pas faire d'ombre au projet caennais de développement de la Presqu'île de l'autre côté du viaduc de Calix ! On voudrait inscrire dans le Scot que l'urbanisation de la partie hérouvillaise se fera au fur et à mesure du développement de la partie caennaise. On ne peut pas raisonner par petits bouts. La Presqu'île est un ensemble qu'il faut penser dans sa globalité, de Caen à Ouistreham.

Qu'envisagez-vous pour défendre votre éco-quartier ?

Refuser d'urbaniser une partie de la Presqu'île, en l'occurrence la portion hérouvillaise, risquerait de mettre en difficulté le partenariat qui nous lie au sein de la Société publique locale d'aménagement (SPLA) de la Presqu'île (1). Je demande à Caen-Métropole, pour le bien de l'agglo et pas seulement d'Hérouville, de ne pas geler les choses, de ne pas hypothéquer l'avenir de cette zone. Cette Presqu'île peut être une bouffée d'oxygène pour l'agglo.

Aurélie LEMAÎTRE.

(1) La SPLA associe Caen, Mondeville et Hérouville pour réfléchir à la reconquête des friches de la Presqu'île et des rives du canal, jusqu'au viaduc de Calix.

Journal Ouest-France du vendredi 12 novembre 2010
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Caen