Emploi

Le développement économique et social : une Région forte pour des emplois pour tous

C’est en s’adaptant aux réalités qu‘on s’inscrit dans le temps : « on ne vainc la nature qu’en se soumettant à ses lois » (F. Bacon).

1ère réalité : les activités à forte valeur ajoutée sont celles de la conception des biens (l’immatériel), et celui qui tient à leur prescription (commercialisation, marketing).

2ème réalité : « l’économie tertiaire » en fait « s’industrialise » : la mise en système, la mécanisation de l’acte, est la transformation systématique (guichet automatique dans les banques, gares, cinéma, moteurs de téléphonie, etc.). Le rôle de la mécanisation, de la robotique, est proéminent et s’inscrit dans une activité industrielle de premier plan.

3ème réalité : en passant de l’économie « création industrielle » à « dividendes actionnaire », la poursuite de l’externalisation s’est prolongée dans la délocalisation, donc la désindustrialisation. Résultat : chômage, perte de savoir, friches industrielles, dépendance industrielle.

4ème réalité : la baisse des ressources énergétiques non renouvelables accroît irrémédiablement à la fois les coûts de production et les coûts de « réparation, dépollution ».

5ème réalité : toute politique économique s’inscrit dans son espace géographique et sa sociologie. En l’occurrence, la Basse Normandie est

  • une région à vents et marées, constituée d’un immense espace maritime peu investis,
  • de terres agricoles et de savoirs agricoles de hautes qualités ne bénéficiant pas d’une stratégie affichée,
  • d’une tradition industrielle (construction marine et sous-marine, automobile, composants électroniques, agro-industries, nucléaire) qui n’est plus privilégiée
  • de tous les atouts touristiques (espaces naturels, histoire, monuments, gastronomie, arts) mais dont l’image se « momifie », donc un tourisme passif,
  • d’un enseignement supérieur de qualité (médecine, EMN, ENSI Caen, robotique et Aide à la Personne à Alençon), mais qui n’a pas investit ou structuré une offre se basant sur ces forces (nucléaire, activités marines et sous-marines, matériaux de substitution pour la construction, innovation dans la robotique),
  • de jeunes qui partent pour trouver du travail ou études adéquates et séniors à revenus conséquents qui s’installent, cherchant une offre de logement spécifiques (plain pied, proximité et assistance médicales) et repeuplant souvent des espaces semi-ruraux
  • mais cette région est une des plus éloignée de Paris (temps transports en commun), cloisonnée en interne et externe, et ignorée par l’Etat, notamment du fait d’une classe politique peu efficiente

 

La Région dirigée par les socialistes et Verts n’a pas mis en place une politique économique stratégique, donné une identité économique à la région, cherché à créer une attractivité territoriale. La présidence socialiste s’est limitée à gérer ce qui existait déjà, comme la filière équine, sans jamais initier une dynamique, une cohérence territoriale et des acteurs économiques. Elle finance, ou non, les projets qu’on lui présente, sans critères établis et connus.

Or, nous traversons une crise économique et sociale sans précédent. La Région s’est montrée incapable de réagir et de s’adapter, de mettre en œuvre une politique ajustée et adéquate.

Il s’agit d’un problème de gouvernance, au sens d’initiative de l’action, d’organisation de l’action, et de partenariat.

 

« Il faut prendre l’évènement par la main avant qu’il ne vous saisisse par la gorge », Winston Churchill.

 

La Région doit « initier », et être chef de file des projets structurants du développement économique, en associant les différents acteurs agissant dans notre région (chercheurs et enseignants, entrepreneurs, services de l’Etat, et services de la Région), pour rendre la région attractive et concurrentielle. Elle mettra en place un modèle économique « partenarial ».

 

Notre politique économique s’inscrit en quatre temps :

  1. la structuration de notre politique de développement économique
  2. favoriser dès à présent la création d’activités
  3. devenir une Région de la création d’entreprises
  4. fortifier une agriculture de haute qualité

 

La multiplicité des services autour du développement économique pose un problème permanent de cohérence, de pertinence et en fait de structuration. Entrepreneurs, chercheurs, collectivités, etc. ne savent vers qui se tourner, et quelle est la politique globale, le cadre d’intervention.

Pour répondre à ce dysfonctionnement, un grand service de Développement Economique doit être créé. Il associera service de la Région, entreprises et « intelligences ».

 

I ) Structuration de notre politique de développement économique

1. Service de la Région : ce service coordonnera toutes les activités de la Région pour permettre cohérence et efficacité auprès des entrepreneurs, et des services de l’Etat

  • Veille informationnelle et réglementaire, aide à l’exportation, aide à l’installation et transmission d’entreprise
  • Cellule européenne (fonds européens et constitutions des dossiers, règlementations) avec présence à Bruxelles
  • Organisation de filières (« clusters », avec financement direct des clusters et non des entreprises, fiscalité appropriée pour toutes ces filières, espaces et installations dédiées). Ces pôles « d’innovation et de développement du marketing » se feront avec tous les intervenants des filières, dans le but d’élaborer des critères communs d’organisation et d’objectifs :
    • Nucléaire : imagerie, recyclage, etc. L’activité nucléaire st source d’emplois de tous niveaux. Cette filière a besoin de cohérence dans les formations et productions.
    • « Agro-industrie » : l’innovation portera fortement sur le lin et tous produits de « remplacement » pour les industries, la chimie verte, et les produits de la mer. De plus nous créerons des produits « identifiants ». L’objectif, avec la filière énergies renouvelables, est de créer un ensemble cohérent et attractif pour créer une « industrie verte » normande
      • création d’un « pain normand » élaboré à partir de blés et moulins normands
      • création d’un label « agriculture normande » (critères  de produits bio, espaces définis, marchés de la Région)
    • Energies renouvelables
      • Création d’un « atlas des énergies normandes » afin de connaître nos ressources
      • Gestion du méthane pour les agriculteurs ayant du bétail, en vue d’une autosuffisance énergétique, voire complément de rémunération et système de distribution (aides à l’installation, crédits, fiscalité)
      • hydroliennes, lagons artificiels et marée motrice, en lien avec la région Bretagne-Université de la Mer-DCNS
        • Création d'un centre d'entrainement des skippers (courses de bateau) en Basse-Normandie en collaboration avec les intervenants et la région Haute-Normandie
        • Création d'une coopérative PME-PMI pour l'achat collectif et coordonné de matériel pour bateaux de course (voiles, coques ...)
      • Eoliennes (notamment pour résidences secondaires avec axe vertical en vue d’une autosuffisance énergétique), photovoltaïque (pour tout bâtiments publics)
    • Mécanisation & robotique. Notre but est de relocaliser l’industrie par une robotique innovante, en lien avec l’élaboration de nouveaux matériaux pour l’industrie de la prothèse, la construction navale ou automobile tel que le lin
    • Pôle d’innovation architecturale : l’objectif est d’être innovant dans notre région qui accueille de nombreux séniors et résidences secondaires, concernant les matériaux de Haute Qualité Environnementale (HQE), et les besoins de santé et de mobilité. La norme HQE pourrait devenir un critère de soutien de la Région pour les bâtiments publics
    • sûreté économique : proposer des espaces protégés (typologie de sites, téléphonie et électronique sécurisés, protection des brevets) aux entreprises cherchant une sécurité maximale, devenir un pôle de l’innovation de la sécurité économique

 

2. Recherche & Développement (avec enseignement supérieur et entreprise)

  • Coordination avec l’enseignement supérieur, la recherche universitaire et des entreprises, pour les « clusters »
    • Financement de thèses
      • Liées aux filières
      • Sur la connaissance de la région
    • Bourses, logements et fiscalité adaptés, concurrentiels, pour accueillir les chercheurs en lien avec les filières
    • Création de filières de formations en lien avec les « clusters » (voir chapitre « Formations ») pour tous niveaux
    • Nous souhaitons travailler avec la région Bretagne et le réseau Mentor (universités européennes) pour participer au projet d’Université européenne de la mer. Ce projet investit les domaines des énergies nouvelles et produits de la mer

 

3. Avec les acteurs économiques

  • création d’une banque régionale d’investissement, (créer des outils financiers disponibles), abondée en partie par la région, son capital sera également ouvert à des investisseurs privés qui seraient désireux de placer leurs économies dans une structure qui fera le choix de l’économie locale et du développement durable. Ce fonds permettra
    • des investissements (prise de capital) dans toute entreprise ou création d’entreprise investissant les solutions et les productions du futur (notamment sur les solutions « nouvelles énergies », « nouvelles mobilités », « numérique »…)
    • d’expérimenter des Fonds d’Investissement de Proximité (FIP) sur le territoire la région
    • des prêts bonifiés aux TPE et TPI locales et familiales en difficulté  dès lors que leur plan de redressement permet d’envisager une viabilité économique de moyen ou long terme.
    • des investissements dans de grandes infrastructures de transport (ferroviaire).
    • Des prêts bonifiés pour toute opération d’amélioration du bâti, résidentiel et tertiaire (voir chapitre « énergie »).
  • Structuration de soutien, animations et « veille » pour les entreprises en branches professionnelles
  • Création d’un club des décideurs Normands, où se retrouveront tous les Normands connus (entrepreneurs, artistes, gastronomes, sportifs, etc.)
  • Nous assisterons les entreprises, notamment les TPE et PME, afin de permettre un maillage cohérent du territoire et organiser une mutualisation intra-branche, de renforcer ces entreprises. La disparition de nos TPE-PME-PMI serait lourde de conséquences pour l'emploi, donc nous accompagnerons les entreprises qui souhaitent relocaliser leurs développements et outils de production dans notre région en les aidants à financer les investissements et la formation des jeunes et adultes par les fonds européens de développement et de recherche ainsi que les fonds sociaux européens (FEDER, FSE) .
  • Soutient aux entreprises en milieu rural, création d’entreprises de proximité (commerce), lien avec le tourisme, sous l’angle des « Pays » et aides européennes (Fond Leader)
  • Soutien à la création d’une « TV normande 24h/24h » mettant en valeur les activités normandes économiques, culturelles et sportives

 

II ) Mise en place d’un « Small business act » pour la région, ou d’une « clause sociale de marché ».

Notre objectif est de susciter dès maintenant les créations d’emplois.

Il n’existe actuellement qu’une politique d’incitation des entreprises par notamment une charte qualité emploi/formation. La Région doit au contraire réorienter sa politique pour contractualiser les critères sociaux.

Nous proposons donc la mise en place d’une Clause Sociale de Marché à l’échelon régional pour :

  • Structurer le marché de la Basse-Normandie (appels d’offres)
  • Contractualiser les partenariats Région-Entreprise : en échange de subventions ou marchés, les entreprises s'engagent à signer une clause sociale : embaucher ou former des demandeurs d'emploi locaux.