C’est officiel, une école de la 2ème chance (E2C) verra le jour à Hérouville Saint-Clair, la première école de ce type en Région Normandie.

Sur le plan national, 130 000 jeunes sortent tous les ans du système scolaire sans diplôme et pour lesquels l’accession à une formation ou un contrat de travail est une perspective quasi inaccessible.

Le nombre élevé de décrocheurs et leur situation de marginalisation croissante reste un des problèmes que les dispositifs semblent impuissants à résoudre. L'école de la 2ème chance doit aider ces jeunes à trouver une nouvelle voie d'insertion socio-professionnelle.

Les E2C, structures associatives initiées par les collectivités territoriales et les chambres consulaires, s’appuient sur trois principes fondamentaux:

-  l’alternance, au cœur du dispositif ;

- une pédagogie fondée sur l’individualisation des parcours socio-professionnels et l’apprentissage à l’autonomie ;

- la mise en œuvre d’un partenariat en amont avec les entreprises et les organismes de formation qualifiante.

Le dispositif, créé en 1996, compte aujourd’hui 110 sites. Il accueille près de 15 000 jeunes par an. L’objectif visé demeure l’accès à l’emploi et/ou à une formation qualifiante.

La ville d’Hérouville Saint-Clair bénéficiant d’une expérience significative dans la politique d’insertion et de remise à niveau des publics les plus éloignés de l’emploi, le choix de la création d’une E2C s’est naturellement porté sur le territoire de la ville. Ce projet est porté en lien avec les partenaires institutionnels locaux de l'emploi et de la formation du territoire. Il associera aussi les chefs d'entreprises.

L’Ecole de la 2ème Chance s’inscrit pleinement dans les enjeux de la politique de la ville : d’une part, le dispositif cible l’accès à l’emploi et la professionnalisation des jeunes et d’autre part, concentre les forces vives d’un territoire autour de l’employabilité des jeunes. L’E2C se présente comme une alternative au chômage et à l’inactivité et doit éviter à certains publics de devenir bénéficiaires des minima sociaux et notamment le RSA. Elle doit aussi permettre de rétablir un lien de confiance que les jeunes ont parfois perdu vis-à-vis des institutions.

Le site retenu du collège Boisrobert (Grande Delle) est intéressant : implanté dans un quartier Politique de la ville, il est desservi par des lignes de bus. De plus, il n’est qu’à 10 minutes à pied du cœur de ville et de la cité administrative et culturelle. Cette nouvelle école devrait ouvrir dès la fin de l'année 2016 avec une dizaine d'élèves. Environ 150 jeunes, de 17 à 30 ans, sans qualification et sans emploi, y seront accueillis. Des parcours pédagogiques individualisés leur seront proposés pendant environ 6 mois, en centre de formation et en entreprise.

La Région contribuera au financement des coûts pédagogiques de la formation selon les facultés contributives des autres collectivités territoriales et partenaires engagés pour le projet : l’Etat, le Conseil Départemental du Calvados et la Communauté d’agglomération de Caen la mer.

La Région s’engage à verser une rémunération aux bénéficiaires à l’exception des stagiaires ayant ouvert des droits à l’indemnisation de Pôle emploi du fait de leur expérience professionnelle.

Après un long combat politique mené avec l'équipe municipale, ce projet devient réalité avec la nouvelle majorité régionale. Il a été voté à l’unanimité à la séance plénière du Conseil Régional de Normandie, ce lundi 3 octobre 2016.

 

Rodolphe THOMAS

Maire d'Hérouville Saint-Clair

Vice-président de la Région Normandie