Communiqué de Rodolphe THOMAS sur le plan de soutien d’urgence à l’élevage français

Le plan de soutien d’urgence à l’élevage français présenté en Conseil des ministres le 22 juillet n’est pas à la hauteur de la crise que rencontre le monde agricole français. C’est un plan hors sol qui ne correspond pas à la réalité des éleveurs.

Les éleveurs français sont en attente d’un véritable Grenelle de l’agriculture qui porte une ambition durable et fédératrice pour assurer l’avenir des filières agricoles françaises.

Les 24 mesures présentées ne répondent pas au déficit de compétitivité à relever pour les filières viande et lait. Si les mesures fiscales et sociales prises par le gouvernement vont soulager temporairement la trésorerie des éleveurs, elles n’apporteront pas en revanche de solutions pérennes à la crise actuelle des filières soumises à une forte concurrence internationale.

 

Depuis 2012, le gouvernement alourdit sans cesse les contraintes fiscales et réglementaires qui pèsent sur l’agriculture et l’agroalimentaire, ce qui pénalise fortement la productivité des entreprises agricoles. Il faut définitivement mettre un terme à la sur-transposition des directives européennes en droit français et permettre aux agriculteurs d’entreprendre librement.

Aujourd’hui, comme le constate à juste titre le médiateur des relations commerciales et agricoles dans son rapport rendu public le 22 juillet dernier, l’Allemagne est devenue le premier producteur européen de porcs, détrônant la France, avec un écart de prix de l’ordre de + 15 à + 20 centimes d’euro/kg. Cela conduit inexorablement les consommateurs à privilégier les produits les moins chers. Il faut rappeler par ailleurs que l’embargo russe décidé par le gouvernement français pèse lourdement sur nos exportations à l’étranger et que la faiblesse actuelle de nos exportations crée une surproduction sur le marché français, entraînant de fait une baisse des cours.

Pour éviter une nouvelle crise agricole, le gouvernement ne doit pas se contenter de mesurettes, il doit agir sur le fond et proposer de véritables mesures structurelles. Celles-ci passent par un regroupement des organisations de producteurs pour permettre de mieux négocier avec les industriels, le respect des accords de prix par les distributeurs et les industriels, une réorientation de la Politique agricole commune à la lumière des négociations en cours sur le futur accord de libre-échange avec les Etats-Unis et une meilleure prise en compte de la qualité des productions françaises.

Si l’on souhaite que la France demeure une grande puissance agricole, le gouvernement doit avoir du courage politique et se donner les moyens de son ambition.