Les riverains du quai de Calix invitent les décideurs à dormir chez eux !

Non au terminal conteneurs à CalixUn mélassier (navire transportant de la mélasse) a appareillé quai de Calix cette nuit...
Vers trois heures du matin...
Les riverains le savent bien : ils dormaient et le mélassier les a réveillé.


Comme chaque fois à son arrivée, les murs des maisons ont vibré.
Les vibrations de la manœuvre et les bruits de l'appareillage se sont propagés, les vitres ont tremblé, les maison ont résonné et ils se sont réveillés.
Seulement un court instant, nous direz-vous ? Non. Bien sûr que non !

 


Stationné, le mélassier, moteur allumé en permanence, diffuse ses vibrations lourdes et ses bruits sourds. Nuit et jour. Sans interruption. Dans les maisons, de nuit comme de jour, la nuisance assourdissante du bateau rend la vie difficile. Les phabitations retentissent d'un bruit de fond gras et entêtant. Cela va durer plusieurs jours avant que le mélassier ne reparte...

C'est pénible mais ne se produit que quelques fois par an. Alors les riverains supportent...
Ils supportent même si, au-delà de ces nuisances sérieuses mais heureusement limitées dans le temps, la présence du mélassier leur rappelle le danger quotidien d'une vie à 250 mètres d'un dépôt pétrolier...

Mais en cette période, ils pensent aussi. Ils pensent à ce que serait la vie si le projet de plateforme conteneur, imposé aux riverains, voyait le jour... Ils pensent aux mêmes bruits, mais 6 jours sur 7, toute l'année... Les mêmes bruits augmentés de ceux de l'activité portuaire (déchargements des conteneurs, installation sur les camions, bruit des grues, des chocs au moment de la dépose des conteneurs, signaux de recul des engins, circulation des poids lourds, sirènes, klaxons...). Ils pensent à la lumière, aux 8 pylônes de 30m de haut et à leur couronne de puissants projecteurs...

Et ils se disent que la vie sera impossible.

Ils pensent aussi aux décideurs... à toutes celles et nous ceux qui tentent de les rassurer sans jamais avoir mis un pied dans le quartier... qui s'appuient sur des simulations sonores farfelues... qui leur vantent les mérites des vibrations de leurs maisons...

Les riverains, pourtant, le savent : le viaduc, le périphérique savent se faire oublier. Le double vitrage a raison du bruit de fond de la circulation.
Les bateaux, non ! Rien n'empêche les vibrations qu'ils produisent. Et rien ne le pourra jamais. C'est physique, on n'y peut rien. Le bruit résiduel habituel et celui, accompagné de vibrations, des bateaux ne sont pas comparables.

Et comme rien ne vaut une démonstration, Ils invitent les décideurs, toutes celles et tous ceux qui veulent prendre conscience de la réalité, à venir chez nous. Pour quelques minutes, quelques heures, ou mieux : pour une nuit. Une nuit bercée par des nuisances sonores que d'aucuns jugent « supportables », « dans la norme »...

Autour d'un croissant, le lendemain, nous discuterons...
Nous discuterons du mélassier, ce bateau modeste dont le déchargement est pourtant silencieux... et nous envisagerons la vie des riverains en présence permanente de porte-conteneurs de 200 mètres de long qui déchargent bruyamment leur cargaison...

Vous saurez alors, enfin, Mesdames et Messieurs les décideurs, de quoi vous parlez.

Mme CHATELIER http://soscalix.eklablog.com